Mathis Akengin - Passage des fleurs
Passiflore
Quand on est doué dans tout, c’est difficile de s’en tenir à un seul style.
Doué et précoce. Piano en conservatoire dès 6 ans. Joue en groupe dès 12 ans.
Dès 21 ans, déjà une très solide expérience, qui lui vaut d’intégrer facilement le groupe Dead Chic et d’y trouver sa place derrière ses 2 meneurs.
Aujourd’hui, à 27 ans, il sort Passage des fleurs, son 1er album solo, qui porte le nom d’une ruelle d’Istanbul où son grand-père allait. Un grand-père turc qui ne parle pas français, tandis que Mathis ne parle pas turc. La chanson éponyme raconte ça : la communication que peuvent avoir malgré tout des êtres qui ne parlent pas la même langue mais qui s’aiment.
Thème central, cette communication non verbale tient aussi beaucoup à son instrument principal. On a avant tout un album de piano. Les pièces instrumentales sont nombreuses, elles ouvrent et ferment l’album et assurent les liaisons – et donc l’homogénéité. Jouant sur les touches aiguës avec maestria, croisant les mains ("Voltige"), improvisant.
Une technique monstrueuse donc, mais aussi et surtout une intentionnalité de dingue ! Une expressivité qui renverse la table. Et nos esprits avec. Des idées, de la créativité, de la prise de risque. Tout ce que j’aime chez un artiste. Et en plus il chante bien – en anglais, en français et en turc – et aime danser, imposant sa grande silhouette, ses doigts qui bougent tout le temps et une tronche à nulle autre pareille. Je parie qu’il fera du cinéma un jour. On n’en est pas là. Pour le moment, ce fan d’Agnes Obel et de Patrick Watson se situe au carrefour de la musique classique (pour ne pas faire peur on parlera plutôt de néo-classique), de la pop et de l’oriental ("L'illusionniste"). Et même jazzy à l’occasion.
Toujours sur le fil, parfois imprévisibles, les compositions nous invitent à nous trémousser (épatant "First floor"), à entrer dans une valse ("Mute love", "Passage des fleurs"), ou à chanceler avec le tangage et le roulis sur une "Mer d'hiver".
Également joués par l’artiste, un peu de guitare, de basse et d’ukulélé viennent étoffer l’œuvre. En guise de percussions, c’est juste lui qui tape sur ses casseroles ou sur son piano, habilement samplé. Quelques invités, voix ou instrument, complètent le tableau. Et Damien Félix n’est jamais bien loin.
Après un passage (des fleurs) aux Inouïs du Printemps de Bourges et un autre aux Eurockéennes, le désormais plus bisontin que byzantin pense déjà au 2e album. Quand on est doué dans tout, c’est difficile de s’en tenir à un seul album.
-
Le total est court, surtout lorsqu’on réalise qu’il n’y a que 5 véritables chansons – dont l’une porte l’empreinte du rappeur Nikola ("Vingt dieux").
De surcroît, 4 pistes sur les 11 (3 chansons et 1 instrumentale) étaient connues à l’avance car sorties dans le courant de l’année écoulée. Ce qui ne laisse plus guère de nouveauté (18:16 seulement).
J’aurais aimé y trouver une ou deux chansons de plus, parce que chez moi les instrumentales sont plus vite assimilées, finissent par s’effacer, là où les mots apportent une matière supplémentaire qui scelle mon attachement. -
First floor
Mer d'hiver
Passage des fleurs -
Stea
-
-
La phrase
« Mon bateau, je crois, s’endort » ("Mer d'hiver")
-
luidaydream-music.fr/artistes/mathis_akengin (7 Visites)
-
…Et maintenant, écoutez !
- mathisakengin.bandcamp.com/album/passage-des-fleurs (10 Visites)
- www.deezer.com/fr/album/985647351 (8 Visites)
- open.spotify.com/intl-fr/album/3K6FC5RBs09SZskKhkWL59 (13 Visites)
- www.youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_nGEU63rZsIh66QDMYfsVOMOQQbHb_jwNE (7 Visites)
-
Tags
-
Créé le5 juillet 2026
-



Merci à tous ceux qui ont relevé mon défi photo, me permettant de réaliser ce GIF animé pas comme les autres. Ainsi qu’à leurs photographes.