Arno Alyvan - Là où tu tombes
Ça tombe bien !
Pourquoi tourner autour du pot ? J'aime ce que fait ce mec.
À première vue, son album perso ressemble beaucoup (trop ?) à du Benjamin Biolay. La voix, la façon de chanter. Or je n'ai jamais été fan de Biolay. Il ne me dérange pas non plus, remarquez, et il a même l'air plutôt sympathique. Mais ses chansons ne m'emballent pas. Contrairement à celles d'Arno Alyvan.
Passée la comparaison frappante, à écouter davantage on voit mieux toute la qualité des compositions, qui vous embarquent dans leur tourbillon. Toutes. (Tourbillon de cordes, souvent).
Les voix féminines de ses complices de longue date Claire Denamur et Gillian Boughey (avec laquelle il monta le duo So Friday) apportent un plus indéniable. J'irais même jusqu'à dire qu'elles sont ici indispensables, que sans elles on n'aurait pas le même album. Elles semblent aider Arno chanteur à se surpasser, qu'elles opèrent en chœurs ou en duo. À propos de duo, les couplets de "Je te tiens" m'en rappellent un autre, celui entre Le Larron et Lisa Portelli ("Tes yeux verts"). Tant qu'on est dans les ressemblances, le refrain de "À suivre", avec son envol symbolique « Nous ne vieillirons pas ensemble mais », sonne complètement Daho.
Le son est juste impeccable (écoutez "Un jour soudain" au casque). Pouvait-il en être autrement, venant du maître de la bande sonore des séries policières du service public, Caïn, Tandem, Tropiques criminels, Meurtres à... ?
Les textes, jamais cucul, abordent les thèmes des enfants du divorce ("Sèche tes larmes"), du divorce lui-même (énervé dans "Peut-être", apaisé dans "À suivre"), de la mort ("No man's land"), des réseaux sociaux et de cette planète dévastée qu'on laisse à nos enfants parce qu' « on a déconné à plein tube » ("Là où tu tombes (Part.2)"), de la renaissance ("Un jour soudain"), de la sortie de l'enfance ("La longe").
Elle est peut-être là, la grosse bonne surprise ! Cet infatigable travailleur du son, qui nous avait jusqu'ici habitués à des compositions instrumentales ou en anglais (dont il était rarement le parolier), sait aussi écrire, en français, et ma foi plutôt bien. Il manie les termes inattendus et, à mots couverts, nous en dit beaucoup sur lui. Et peut-être aussi sur nous. Y compris dans "Tom Harry", ou "ton mari" (jeu de mots !)
Et il ne va pas s'arrêter là. Je me suis laissé dire qu'il préparait déjà un nouvel album. Électro cette fois. Encore un défi qu'il réussira, sans tourner autour du pot.
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Toutes les chansons font au moins 4 minutes (faux : "Lève-toi et marche" dure 3:59 !) C'est dire si l'on prend le temps du développement, soit dans des intros léchées, soit dans des finals travaillés.
La palme revient à la chanson à double sens qui donne son titre à l'album, tellement longue qu'Arno l'a coupée en 2. La grande et belle intro instrumentale, rappelant ses musiques pour la télé, se retrouve ainsi baptisée "Là où tu tombes (Part.1)". Mais écoutez tout de même les 2 parties à l'enfilade. -
La longe
Un jour soudain
Là où tu tombes (Part.2) -
No man's land
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La phrase
« Sous ton vernis il y a des griffes, sous mes oripeaux des griefs » ("Lève-toi et marche")
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luiarnoalyvan.com (299 Visites)
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…Et maintenant, écoutez !
- www.deezer.com/fr/album/428387157 (359 Visites)
- open.spotify.com/intl-fr/album/7E3MyiC9axyR4b8bkWRTvt (312 Visites)
- www.youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_nOknoVixDutS14tE1A8iBXOlh5CZy9Nh8 (265 Visites)
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Créé le19 août 2023
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